Douleurs chroniques causes, symptômes et cercle vicieux

J’ai mal, j’ai très mal!
Lorsqu’ils entendent ces plaintes, les soignants se posent systématiquement les questions suivantes:  OU, QUAND, COMMENT, POURQUOI?
Cela permet de déterminer si les douleurs sont aigues, chroniques, les causes, les symptômes et de chercher à sortir de ce cercle vicieux.

Dans le cadre d’une collaboration avec Laurie du blog Bouge-ta-joie.fr, j’ai eu le plaisir d’être interrogé par elle sur un sujet qui nous concerne tous: LA DOULEUR.
Je vous propose dans cet article de retrouver la transcription de ce cet interview ainsi que le podcast à écouter directement.

Je vous invite à aller visiter son site plein de bon sens qui vous permettra de trouver la voie vers la joie.

Introduction

Laurie: Bonjour et bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast Bouge ta joie. Aujourd’hui, j’ai la joie d’accueillir Luc qui va parler avec nous de la douleur. Donc, Luc, est-ce que tu peux, s’il te plaît, te présenter?

Luc: Bonjour à tous. Donc, je m’appelle Luc comme tu l’as dit. Je suis le créateur du blog www.ameliorersaposture.com. Je suis kinésithérapeute et également ostéopathe. Dans ma pratique de kinésithérapie, je pratique la méthode Mézières, qui est une méthode qui est tournée autour de la posture et la globalité du corps. Le but de cette technique, c’est essentiellement de faire prendre conscience au patient de son corps et de redonner la mobilité au corps là où il y en a besoin.

Laurie: C’est top, c’est bien. C’est l’approche globale du coup du patient …

Luc: Souvent on associe ça à l’ostéopathie du fait de la globalité, mais la grande différence, c’est que là, on est vraiment dans la rééducation. C’est que, le but du jeu, c’est que le patient apprenne à s’occuper de lui, à s’occuper de ses douleurs et à devenir vraiment autonome par rapport à ça.

Le rôle premier de la douleur

Laurie: OK, du coup est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce qu’on connaît aujourd’hui sur le ou les mécanismes de la douleur et le rôle de ces mécanismes en fait, dans le corps humain?

Luc: Alors, la douleur, en fait, elle a un mécanisme primaire qui est celui qui est d’origine. Le but, c’est d’empêcher de se faire mal. Donc, en fait, c’est ce qu’on appelle la douleur aiguë. C’est: si je mets ma main sur la plaque chaude et ben je vais vite retirer ma main. Donc en fait, il se passe plusieurs choses. La première chose, c’est ma main touche la plaque. Il y a les nocicepteurs qui vont se mettre en route, qui vont envoyer un message jusqu’ à la moelle épinière et là, vite, ça renvoie à un autre message qui fait se contracter tout le bras et qui fait retirer.

Le cerveau s’en mèle

Le but initial de la douleur, elle est là. Après, dans ce mécanisme-là, il va y avoir des choses qui vont arriver jusqu’au cerveau, qui vont nous faire dire: « est-ce que j’ai bien fait de retirer ma main? Est-ce que j’aurais pu laisser ma main? » Mais on a ces nocicepteurs qui nous permettent de réagir très vite. Et ces nocicepteurs ils sont spécialisés en fonction de: « est-ce que ça pique? Est -ce que ça brûle? Est-ce que ça gratte? » Et c’est vraiment très discriminant. Il y a plein de différents, nocicepteurs

Douleurs chroniques causes, symptômes et cercle vicieux

Laurie: OK. Donc le premier mécanisme de la douleur, c’est un espèce de réflexe.

Luc: C’est un réflexe, un réflexe nociceptif ça s’appelle. Donc noci, c’est la douleur en latin, et donc c’est vraiment le but d’empêcher de se faire mal, et d’éviter la douleur. Ça peut être autrement. Si tu casses une jambe et bien ça va être un réflexe nociceptif aussi qui va dire: « ça fait mal » pour plus que tu bouges plus du tout que ta jambe bouge et que tu t’interdises de poser ton pied. Il y a des nocicepteurs sur la peau, mais aussi à l’intérieur de tout le corps

Comment évaluer la douleur?

Laurie: Super. Et est-ce qu’il y a un moyen d’évaluer? Est-ce qu’il existe une échelle globale ou d’autres moyens de connaître l’intensité en fait?

Luc: En fait, la douleur, c’est quelque chose de très subjectif. Le seul moyen de l’évaluer, c’est une personne par rapport à elle- même. Donc ta douleur sera pas la même que la mienne et ma douleur sera pas la même que la tienne.
Le seul moyen d’évaluer cette douleur: on utilise une petite échelle et ça s’appelle une échelle visuelle analogique. C’est une petite réglette, et cette petite réglette elle est graduée, du plus douloureux au zéro douleur. Et donc le patient il va mettre lui-même sa réglette: ça s’appelle l’échelle visuelle analogique. Ou alors pas l’échelle analogique, ou c’est juste la personne tu lui demandes: « ok de zéro à dix zéro c’est zéro douleur dix c’est la douleur maximale,… »

Laurie: Le fameux zéro à dix.

Luc: Et donc le patient doit dire où est-ce qu’il se situe. Le gros avantage de cette réglette, c’est que la douleur sur un patient, elle est évaluable d’une fois sur l’autre. C’est-à-dire que le patient, pour une même douleur, il te donnera la même quantité de douleur.

Laurie: D’accord.

Variation entre les personnes

Luc: Le patient qui te dit 3 un jour, le lendemain, si il a la même douleur, il te redira trois, Il ne dira pas quatre et il ne te dira pas 2. Ça c’est vraiment le gros avantage, parce que la douleur, en fait, elle est variable en fonction :

  • de la personne,
  • du milieu culturel: Est-ce que la douleur est ce que c’est bien d’avoir mal, est-ce, que c’est pas bien d’avoir mal?
  • du milieu spirituel: est-ce que d’avoir mal c’est une punition de Dieu?

Voilà, et donc tu peux te retrouver, en fait, avec une même douleur où chacun va estimer que la douleur est supportable, non supportable, en fonction de comment elle visualise la douleur pour elle.

Laurie: Du coup, si je comprends bien ce que tu es en train de dire, une même cause, une même problématique en fait n’aura pas du tout le même impact au niveau de la note de douleur d’une personne à l’autre.

Luc: C’est ça! C’est vraiment en fonction de la personne. Et après, même tout à l’heure j’ai dit que une personne qui te dit trois la veille te dira trois le lendemain. Mais en fonction de la durée de la douleur, si elle te dit trois aujourd’hui, peut-être que dans trois mois si la douleur, elle est toujours la même, et bien soit la personne elle aura réussi à s’habituer à la douleur, et elle te dira 2 ou alors si cette douleur et lui prend la tête, et ben elle te dira quatre ou cinq ou six en fonction de la même douleur.

Donc sur du court terme ça fonctionne et sur du long terme, ça peut quand même évoluer. Même sur une personne.

Les douleurs chroniques: types et mécanismes

Laurie: Du coup, là t’es en train d’évoquer le fait que la douleur peut durer vraiment dans le temps. On parle donc de chronicité. Est-ce qu’on connaît, ce qui entraîne en fait la chronicité ? Est-ce qu’on connaît, voilà les causes, les conséquences un petit peu de cette chronicité?

Luc: Alors la chronicité c’est quelque chose d’assez précis. Une douleur chronique, on dit qu’elle devient chronique quand elle dure plus de trois mois et que la problématique pour laquelle elle était là à l’origine, cette douleur a disparu alors que la douleur reste encore.

une douleur devient chronique lorsqu’elle dure plus de trois mois et que la problématique pour laquelle elle était là à l’origine, a disparu alors que la douleur reste encore

Douleur Nociceptives, inflammatoires

Donc une douleur chronique ça peut être là pour plusieurs raisons. Soit c’est une douleur qu’on appelle inflammatoire, ou une douleur nociceptive on appelle ça aussi. Et donc c’est le fait que t’ait un tissu qui soit constamment abîmé, et donc continue de donner un signal.

Donc ça, c’est ce que tu retrouves dans toutes les pathologies inflammatoires, les polyarthrites rhumatoïdes, les spondylarthrites ankylosantes, même l’arthrose puisque tu vas voir ton cartilage qui va être abîmé et comme l’articulation bouge moins bien, les ligaments, les os vont être plus sollicités et comme ça va être plus sollicité, tout ce qui a des nocicepteurs, parce que le cartilage n’a pas de nocicepteurs, tout ce qui va avoir des nocicepteurs va envoyer un message douloureux, aux nerfs. Ça c’est la première douleur chronique.

Douleurs neuropathiques

Et la deuxième douleur chronique, c’est ce qu’on appelle les douleurs neuropathiques Et là c’est vraiment le nerf qui devient douloureux. OK? Et donc ton nerf est douloureux mais pas le tissu qu’il innerve. Un nerf innerve un tissu donc, ton tissu, il n’a plus de problème;

en revanche, ton nerf il est lui abîmé. C’est ce que tu retrouves quand t’as un membre coupé. Les nerfs qui sont reliés à ce membre qui n’existe plus ont été coupés aussi et donc ils envoient un influx nerveux..

Laurie: Donc ça, c’est les douleurs fantômes c’est ça?

Luc: Ça correspond exactement aux douleurs fantômes. Et, tu vas voir par exemple aussi, les zonas. Ça correspond à une forme de varicelle. Et donc tu vas avoir une inflammation du nerf et c’est vraiment le nerf qui est abîmé qui vient donner un influx nerveux. Et après, tu vas avoir un mix de ses 2 douleurs. C’est ce qu’on trouve parfois sur les lombo-sciatiques et sur les céphalés primaires, les migraines.

Douleurs neuroplastiques

Et ensuite tu vas avoir un nouveau truc. C’est tout récent, ils viennent de découvrir ça: les douleurs neuroplastiques. Donc ça c’est ce que tu retrouverais, je mets le conditionnel parce que c’est des nouvelles théories, en fait c’est ce que tu retrouverais dans les fibromyalgies. Où là c’est carrément l’information de la douleur qui est mal régulée et mal modulée et qui est mal, vraisemblablement, interprétée. Au lieu d’envoyer un petit message ça vient envoyer un gros message et donc ça fait des douleurs partout.

Laurie: Ok, tu vois ça, je connaissais pas du tout donc merci beaucoup. Maintenant que tu nous a expliqué un peu ce qui était la douleur chronique et les différents types de douleurs chroniques. Est-ce que tu pourrais nous expliquer les mécanismes qui font qu’une douleur simple passe en douleur chronique, devient chronique?

Luc: Donc, il y a deux choses. Il y a le fait que tu as un tissu qui continue d’être lésé, comme je l’ai expliqué tout à l’heure sur l’arthrose et les douleurs inflammatoires. Et donc, voilà, tu as une douleur qui au début n’est pas chronique mais qui du fait du tissu, qui continue d’être lésé et il continue d’envoyer des informations douloureuses et donc là, on va parler de maladie chronique.

Douleurs chroniques de protection

Après, il y a une autre chose. Il y a le patient qui se fait un lumbago par exemple. Il se créer une douleur du dos et après il va dire que la douleur ce que chronicise. Ça va pas forcément être exactement la même douleur. Sur les douleurs aiguës, on a dit c’est pour arrêter le système;

mais après tu vas voir toute une notion de contracture qui va venir se créer et donc la personne elle va avoir mal au dos, mais ce ne sera pas forcément exactement au même endroit et donc en revanche, c’est ces douleurs-là qui vont commencer à se mettre en place.
Par exemple les douleurs de contracture pour essayer de sauver, pas trop que ça bouge et ses douleurs de contracture vont être, on va dire les douleurs chroniques. Après, si tu as une hernie discale, ça va être la hernie qui va venir appuyer sur le nerf et qui va venir solliciter le nerf et créer la douleur chronique. Mais c’est pas forcément le lumbago de départ qui va être la douleur.

Les 20 rameurs

Une autre chose, ça peut être le fait que tu aies des zones qui se laissent solliciter facilement dans le corps, alors que d’autres ne se laissent pas solliciter facilement.
Et tu vas voir, je prends souvent cet exemple-là: tu as une galère d’accord, avec quelqu’un qui fait avancer la galère, donc avec son fouet. Mais là, c’est ton cerveau….

Parce que tu décides que tu aies mal ou que t’aies pas mal, tu demandes toujours à ton corps de faire la même chose. Si tu as besoin d’aller faire tes courses t’iras faire tes courses que tu aies mal au dos ou que t’aies pas mal au dos. Et donc mettons que t’aies vingt rameurs dans ta galère.

Sur tes vingt rameurs, il y en a cinq qui se mettent dans un coin. Et ces cinq-là, ils ne bougent pas, ils ont pas envie de travailler. Et qui est-ce qui va bosser? C’est les quinze autres rameurs. Et c’est ces quinze autres rameurs là qui vont être sollicités, sollicités, ils vont crier, ils vont faire du bruit parce qu’ils ont mal. Donc le patron de la galère, il va mettre des coups de fouet à ceux qui parlent.

Solliciter les silencieux

Et on va continuer de solliciter ces parties du corps alors qu’il faudrait plutôt aller travailler celles qui ne bougent pas mais celles qui crient et qui sont douloureuses, on continue de travailler sur elle est donc là, tu vas te retrouver avec des douleurs chroniques.

Laurie: J’aime beaucoup ton image. J’avais jamais entendu mais c’est chouette. C’est sympa comme façon d’expliquer que du coup on va chercher dans les traitements des douleurs chroniques, à aller recruter ce qui n’est pas utilisé plutôt que de continuer à solliciter ce qu’il est déjà trop. Non? C’est très intéressant. Merci beaucoup pour cette image

Luc: Avec plaisir. On va mettre au calme tout ce qui est douloureux et venir faire bouger tout ce qui n’est pas douloureux.

Laurie: OK. Est-ce que tu vois autre chose à rajouter sur ces mécanismes de douleurs chroniques?

Luc: C’est principalement ça qui est mis en place en fait.

Les Personnes qui on aimé cet article on lu comment savoir quelle est la bonne posture

Impact de la douleur chronique sur le mental

douleur chronique

Laurie: D’accord, super. Et est-ce que tu peux nous expliquer sur, justement ces douleurs chroniques, quel impact ça peut avoir au niveau du mental, au niveau du bien-être, de tout ce qui va être, peut-être, atteinte psychique un peu plus? Quel rapport ça a en fait?

Luc: Le rapport? Les douleurs chroniques, et le rapport au relationnel, il est énorme en fait. Parce que, comme je l’ai dit tout à l’heure, il y a, la composante culturelle, la composante spirituelle, l’impact sur l’entourage. Tout ça, c’est tout ça, c’est énorme, ça a été prouvé. En plus, la douleur, c’est quelque chose qui n’est pas « ressentable » par l’autre. T’es tout seul avec ta douleur.

Et donc, à partir de ce moment-là, si t’as, on prenait l’exemple des amputés tout à l’heure, si t’as pas de bras, tu sais que la personne il lui manque un bras. Si une personne n’a pas de bras, tu sais qui lui manque les bras et qu’elle va être bien embêtée. Une personne qui a mal tu peux pas savoir qu’elle a mal. Ça pour la personne qui a mal, le fait de se trouver seule avec ses douleurs, soit elle est jugée, soit elle a peur d’être jugé par rapport à ses douleurs parce que ça se voit pas.

les pathologies invisibles

Laurie: Oui, c’est ce qu’on appelle les pathologies invisibles en fait.

Luc: Exactement, exactement. Ils ont montré sur les images cérébrales en fait, que la douleur était vraiment liée. Enfin, les zones de la perception de la douleur, elles sont en relation avec les zones qui gèrent les émotions. Donc c’est vraiment, c’est le même endroit. En fait, ils ont même montré là, pareil récemment, que c’était lié. C’est au même endroit que la prise de décision et l’attention. Donc toutes les douleurs, elles vont jouer là-dessus: sur ta prise de décision, sur ton attention, ta capacité à te concentrer sur ta mémoire.

Laurie: D’accord.

Luc: Et les émotions principales, c’est: la peur, l’angoisse, la panique.

Quand t’as des douleurs qui durent hyper longtemps, tu peux aller jusqu’à la dépression à cause de ces douleurs.

Laurie: J’avais lu récemment, je sais pas si t’as vu ça ou si c’est quelque chose qui te parle, que dans le cadre des pathologies inflammatoires, on avait même retrouvé des médiateurs de l’inflammation au niveau du cerveau. Qui pouvait potentiellement , on va dire , continuer à entretenir tout, ce système de douleur.

Luc: Y’a du phénomène inflammatoire au niveau du cerveau directement?

Laurie: Apparemment, ils auraient mis en évidence récemment cette problématique, en fait, sur les pathologies inflammatoires. Il y aurait même des médiateurs qui iraient jusqu’au cerveau et qui potentiellement favoriseraient cette chronicité, en fait, de la douleur.

Comment casser le cercle vicieux de la douleur chronique

Et du coup est-ce que tu connaitrais des moyens de casser un petit peu ce cercle vicieux? pour, justement, éviter de partir dans cette chronicité et toutes ces conséquences sur le bien-être?

Les médicaments

traitement des douleurs chroniques

Luc: Alors la première chose, si tu prends les douleurs aiguës, c’est-à-dire la vraie douleur de « je me brûle et je retire ma main et après je me suis brûlé ». C’est de la douleur aiguë. Il y a toute la notion de pharmacopée, d’accord? Donc la pharmacologie c’est les médicaments. C’est-à-dire qu’il y a pas de raison de se priver de médicaments sur les douleurs aiguës.
Si tu t’es brûlée et que tes nocicepteurs ils sont inflammés, t’as le choix d’attendre que ta douleur passe ou tu prends du paracétamol, des anti-inflammatoires… mais pour moi en tout cas, il n’y a pas de raison de ne pas le prendre, à part de vouloir travailler sa volonté à supporter de la douleur.

Mais comme c’est de la douleur passagère, elle n’est pas vouée à s’installer. Tu prends et comme ça, ça permet de passer un meilleur moment, je dirais. Après sur les douleurs chroniques, en fonction du type de douleurs chroniques, tu vas pas prendre les mêmes médicaments.

Les douleurs neuropathiques,

ils ont été longtemps très très embêtés parce que la douleur chronique, elle, répond beaucoup moins bien aux médicaments.

Laurie: Oui.

Luc: Maintenant il donne des antidépresseurs, des anti-épileptiques pour ces douleurs neuropathiques.

Laurie: D’accord.

Luc: Ça un petit peu d’effets secondaires mais les douleurs neuropathiques, c’est vraiment des douleurs qui prennent la tête parce qu’il n’y a pas grand-chose à faire à part supporter la douleur donc déjà depuis qu’ils ont trouvé ces médicaments-là, les patients vont beaucoup mieux. Il y a moins d’effets secondaires, il y en a quand même, il y a pas trop d’effets secondaires et on a une à peu près bonne efficacité.

Après, hors de la France, ce qu’ils prennent maintenant, au niveau pharmacopée, c’est tout ce qui est le cannabis à usage médical qui est de plus en plus répandu. En France, ils ont commencé depuis 2021 là, ils font une étude jusqu’en 2023 et après ils se prononceront. Mais en tout cas dans les autres pays c’est vraiment quelque chose qui est utilisé. Ça, c’est tout le côté pharmacopée dont je t’ai parlé et tu te doutes que c’est pas mon travail.

Les méthode non médicamenteuses

Laurie: T’es pas pharmacien?

Luc: Moi je travaille pas avec ça. Donc après tout le côté non pharmacologique, ça prend dans les centres antidouleur. Parce que quand t’es en douleur, quand tu  n’arrives plus du tout à gérer, tu peux aller dans les centres antidouleur. Et donc, ils mettent de plus en plus en place la relaxation, la sophrologie, l’acupuncture… Et donc tout ça, ça aide vraiment à avancer.

La relaxation, ça va permettre de décrisper les zones qui sont contractées, dont je parlais tout à l’heure.
La sophrologie ça va te permettre d’apprendre à gérer ta douleur, peut être un peu à t’évader par rapport à ta douleur, à défocaliser et à t’éloigner de ta douleur plutôt que d’être toujours dans ta bulle autour de ta douleur.
T’as l’hypnose aussi.
Et t’as bien sûr tout le côté psychologique et psychothérapique du fait de causer et de parler de ta douleur et de ce que tu ressens et de pas être comme je disais tout à l’heure tout seul dans ton coin, avec ta douleur.

Ça c’est tout ce que tu peux faire en parallèle. Après t’as tout ce qui est physiothérapie. Je vais pas trop m’étendre, mais dans ce qui est vraiment prouvé qui fonctionne là c’est sur tes douleurs inflammatoires tu peux mettre du froid et sur tout ce qui est contractures musculaires, ça va être chaud pour détendre.

Laurie: OK.

Luc: Après, ils sont en train de revenir beaucoup sur les effets de l’électrothérapie, donc pour ne pas contrarier certains et faire plaisir à d’autres, je laisse un peu de côté.

reprise de mouvements

Évidemment, après t’as ce sur quoi moi je travaille, qui est toute la reprise du mouvement. Et ce dont on parlait tout à l’heure, c’est-à-dire de redonner la mobilité là où il y a besoin de mobilité, de calmer là il faut que ça calme.

Parce que souvent, quand tu as mal quelque part, tu vas chercher tu vas vérifier: « Est-ce que vraiment j’ai bien mal, j’ai toujours mal? » Et en fait, c’est comme si tu voulais cicatriser d’une plaie où tu es coupé, tu veux cicatriser mais tu es toujours en train de gratter ta plaie. Et donc tu ne peux jamais cicatriser d’un endroit où tu as une plaie quoi .

Laurie: Et donc? Du coup, tu conseilles plutôt vraiment, voilà, la mise au repos de ce qui va pas bien pour vraiment se concentrer à faire bouger tout ce qu’il y a autour?

Luc: En gros, c’est ça en fait. C’est-à-dire que, il faut faire ce que le corps peut faire. Mais si le corps ne peut pas faire, il ne faut pas lui demander de le faire.

Laurie: D’accord.

Luc: Ça pour moi c’est vraiment un principe. Et quand tu fais faire des exercices au patient, et la grande question que je leur demande c’est « est-ce que ça fait mal? » Et la réponse c’est toujours « ça va ». Et moi, mes patients, ils ont interdiction de me répondre « ça va », parce que ça, sur mon échelle de zéro à dix je peux le placer où je veux, je peux placer n’importe où et c’est pas à moi de choisir. Donc, dans les exercices, la douleur connue, elle est interdite de manière à pouvoir travailler justement d’autres choses.

Une séance avec un patient qui présente des douleurs chroniques

Laurie: Du coup, tu pourrais nous expliquer un petit peu comment ça se passe une consultation avec toi? Quand t’as quelqu’un qui vient te voir avec, justement, une douleur chronique, une pathologie inflammatoire, quelque chose qui dure, qui est installé, qu’est-ce que tu fais?

Luc: En fait, moi, je travaille de manière individuelle. Je reste trois quarts d’heure avec mon patient, donc ça permet vraiment de se poser. Et la première chose que je fais quand je reçois quelqu’un: j’écoute. On en revient vraiment à ce que je disais tout à l’heure.

Là, on joue vraiment sur l’impact du mental sur la douleur. C’est que souvent, les gens, ils arrivent chez moi. Ils ont vu un kiné, ils ont vu le médecin, ils ont vu l’ostéo,… Ils ont fait pas mal de monde et souvent les gens se sont cassé les dents. On s’aperçoit que les gens, ils ont envie de parler de leur douleur. Et de raconter qu’ils ont mal, qu’ils ont mal et qu’ils ont mal.

Ecouter

Donc déjà, la première chose, c’est qu’on va écouter ça. On va chercher, moi je vais aller chercher s’il n’y a pas quelque chose au niveau du mental; s’il n’y a pas quelque chose qui créé, qui entretient la douleur. Je me retrouve régulièrement avec des patients qui ont mal, qui ont effectivement mal, mais cette douleur, elle est entretenue par une problématique qui est autres.

Comme par hasard c’est « j’ai mal au boulot » et au boulot ça se passe pas bien. « J’ai mal à la maison » et à la maison, ça se passe pas bien. Donc, vraiment on essaye de décoder sans dire que la personne n’a rien.

C’est des douleurs qui sont vraies mais qui doivent être entretenues par le mental en fait.

Donc ça, souvent t’as le corps qui lâche, parce que le mental ne veut pas lâcher. Donc, j’essaye quand même de décortiquer un petit peu ça pour être sûr d’avoir moi la bonne action et ne pas me retrouver après plusieurs séances avec la douleur qui n’a pas bougé alors que c’était pas forcément le corps qui était la clé du problème.

Ensuite, comme on disait tout à l’heure, on va regarder ce qui bouge et ce qui ne bouge pas.

Le triptyque de la méthode

Et dans ma méthode et dans ma manière de travailler.
Je travaille sur un triptyque qui est :

  • la dynamisation et la prise de conscience des zones qui sont pas assez sollicitées dans le corps;
  • l’étirement de la zone qui est trop sollicitée, qui donc va être toujours en tension, qui va être trop courte. En gros, il y a le trop long d’un côté, qu’on va venir dynamiser. le trop court qu’on va venir étendre et
  • toute la zone qu’il va falloir relâcher. Donc ça on va beaucoup travailler via la respiration.


Et moi je travaille toujours sur ce triptyque. Je travaille souvent autour de posture, où il doit y avoir une partie qui travaille. Et ce n’est pas celle qui travaille d’habitude, une partie qu’on va venir, étirer, qui est celle qui travaille d’habitude et une partie qu’on va relâcher, qui est celle qui est contractée constamment. Par exemple, les abdos, il faut avoir le ventre plat. Il faut rentrer son ventre, il faut, il faut, il faut,

Laurie: Haaaa les il faut

Luc: Et donc voilà, et on décortique tout ces il faut pour que la personne, elle puisse se relâcher, se relâcher vraiment et ressentir. Voilà comment je travaille, moi au cabinet.

travail postural

Laurie: Super. Et du coup, tu vois des résultats assez rapidement? Ça prend du temps?

Luc: Ça va dépendre de plein de choses, parce que comme c’est un travail postural, on peut se dire:

« Il faut que la posture, elle change ». En réalité, il faut principalement qu’on réussisse à dynamiser d’un côté, relâcher et tirer de manière, pour moi, c’est le plus important, de manière à ce que les douleurs diminuent. Il y a des gens chez qui ça va être « entre guillemets » magique, parce que la personne, elle va faire ses étirements, elle va travailler. Moi, ce qui m’intéresse, c’est l’autonomie du patient.

Donc c’est un quart au cabinet et trois quarts à la maison. C’est-à-dire que les patients viennent chez moi. Je suis avec eux, on travaille, je leur donne des exercices à faire à la maison, ils ont une obligation de faire leurs exercices. C’est un deal..

Laurie: C’est un partenariat.

Luc: Voilà, c’est exactement ça, C’est un partenariat.

Moi, je me suis vu arrêter des séances parce que le deal n’était pas tenu en fait. Donc voilà. Après, voilà, je fais une séance par semaine et la personne fait ces exercices chez elle. Parfois, ça a de super résultats, après, quand t’as des choses qui sont fixées de manière ancienne, et bien ça va prendre plus de temps et ça va être plus difficile.

Conclusion

Laurie: OK. En fait, si je me permets de résumer un petit peu: le principe même, toi, de ta prise en charge, c’est d’autonomiser ton patient, donc en fait de lui faire prendre conscience aussi que, il a quelque part, sa part de responsabilité, qu’il faut qu’il prenne en charge, en fait, sa propre gestion de la douleur.

Luc: Exactement c’est ça. Et c’est pour ça qu’il y a aussi beaucoup de gens qui disent « moi je veux pas prendre de médicaments ». Mais quand on est dans le cercle vicieux dont tu parlais tout à l’heure, où la personne, elle a mal, elle ne pense qu’à ça tout le temps.

Et elle ne veut pas prendre de médicaments, mon rôle à moi, même si j’ai des outils, c’est aussi lui dire: « bah il faut casser ça et là vous êtes tellement dedans, vous êtes tellement dans votre douleur, vous pouvez aller faire autant de sophrologie que vous voulez, il y a peut-être un moment où il faut aller prendre ce médicament, lâcher la tête pour pouvoir rebondir, retravailler et avancer sur des bonnes, sur des bases saines, un peu moins douloureuse et retravailler le corps et qu’on arrête cette inflammation dans un premier temps médicamenteux, on regagne les mobilités et comme ça, l’inflammation ne revient pas à postériori. »

Laurie: Merci beaucoup pour toutes tes réponses. Est-ce que tu vois autre chose à rajouter?

Luc: Ma conclusion, c’était ce que tu viens de dire. Voilà.

Laurie: Pardon!

prendre ses douleurs en charge

Luc: C’est exactement ça. Non, mais c’est très très bien. Il faut que chacun prenne ses douleurs en charge. Et quand je dis ça, c’est pas du tout minimiser la douleur des personnes. Parce qu’une douleur elle existe. Mais qu’il y a pas mal de moyen de les prendre en charge et qu’il faut aller là-dedans.

Après, par rapport à l’état d’esprit qu’on a par rapport à cette douleur, il a été très largement prouvé que, un bon état d’esprit, d’être en bonne forme au niveau de son esprit, ça boost le système immunitaire. Ils ont trouvé que les cancers guérissaient mieux si, t’avais la patate, si t’étais en mode battant plutôt qu’en mode effondré de: « je vais passer l’arme à gauche » et d’être au fond du trou en fait. Donc ça, c’est vraiment là-dessus qu’il faut bosser.

Laurie: Il faut vraiment travailler sur la globalité de sa douleur, prendre la dimension physique et la dimension psychologique de la douleur et toutes les répercussions du coup, qui a dans un sens comme dans l’autre quoi.

Luc: Exactement la tête sur le corps et le corps sur la tête.

Laurie: Très bien écoute. Merci beaucoup pour toutes tes réponses, pour tes éclairages sur la douleur et puis, et bien écoute, je te souhaite une bonne continuation avec ton blog. Est-ce que tu peux nous rappeler comment il s’appelle? S’il te plaît?

Le challenge

Luc: C’est www.ameliorersaposture.com et j’organise un challenge de routine matinale sur Youtube qui s’appelle Réveil ton pyjama. Et donc c’est à 6h, à 6h50 le matin, donc au réveil. Pour ceux qui ont des enfants, c’est avant le lever des enfants. Moi je me lève à 6h45 donc, je serai moi-même en pyjama et on se met au boulot pour un réveil musculaire et pour commencer la journée en douceur.

Laurie: Parfait, pas d’autres moyens que de se bouger la joie quoi!

Luc: C’est ça exactement!

Laurie: Écoute merci beaucoup pour ces réponses. Et puis donc je vous invite à aller travailler en pyjama avec Luc le matin pour vous sentir mieux. Aller, je vous dis à la prochaine et merci encore Luc d’avoir accepté cette invitation.

Luc: Avec plaisir. Salut à tous!

Conclusion

Avec tout ces éclairages, dites moi dans les commentaires si vous avez des douleurs. Dites moi aussi quels moyens vous utilisez pour vous en débarrasser.

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12 thoughts on “Douleurs chroniques causes, symptômes et cercle vicieux

  1. Merci pour cette retranscription Luc ! J’adore toujours autant l’image de la galère et de ses rameurs.

  2. merci pour cet article interview très intéressant pour mieux comprendre la douleur

  3. Merci ! ce contenu est très intéressant, et surtout, bravo pour le boulot de retranscription!!! 👏🏻😃

  4. Merci pour cet article (j’ai lu l’article) clair et précis ! J’aime bien l’image des 20 rameurs 😉🙋🏽‍♀️

  5. C’est intéressant et hyper précis comme informations ! j’ai bien aimé l’image des rameurs, et aussi j’ai appris qqchose avec la douleur neuroplastique !! le reste, c’est très spécialisé, ton métier quoi ! Et oui, l’écoute, tjs l’écoute ! C’est la base ! les gens ont besoin d’être entendus et crus dans la douleur qu’ils vivent, et parfois ce n’est pas le cas.

  6. je ne connaissais pas les mécanismes de la douleur, merci pour toutes ces informations.

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